Il n'y a pas besoin d'inspecteurs à Arcelor, à
Metalleurop, à Airlib ou ailleurs, mais seulement de journalistes.
Je dis cela parce que, tout occupés que nous sommes à
prendre le pouls de nos institutions, nous en oublierions les gens
— les pauvres et les ouvriers, de quoi faire synonyme bientôt
— et l'on voudrait que cette même énergie qui
permit à certains ministres européens de passer de
la position d'équilibristes à celle d'équilibreurs
fut aussi de mise dans le chantier social. Car oui, à la
fin, les fonds de pension sont des armes de destruction massive
de l'emploi. On aimerait savoir à quelles frontières
nous massons nos armées. Des armées dont nous sommes
assurés déjà de voir le budget bientôt
décuplé. Car si l'équilibre a un prix, c'est
celui de la montée en puissance, ce que l'on appelle la hauteur
de ses ambitions. L'Europe, qui n'avait que des divisions, aurait
retrouvé son unité. Ce que je disais hier des gouvernements
et des opinions publiques : Blair, Berlusconi et Aznar qui lâchent,
ce n'est pas de la sagesse mais de la désertion. Du ventre
pendant un moment, mais du ventre mou. Avez-vous déjà
giflé un cadavre ?
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