Viroinval, 2001
Il n'y a pas besoin d'inspecteurs à Arcelor, à Metalleurop, à Airlib ou ailleurs, mais seulement de journalistes. Je dis cela parce que, tout occupés que nous sommes à prendre le pouls de nos institutions, nous en oublierions les gens — les pauvres et les ouvriers, de quoi faire synonyme bientôt — et l'on voudrait que cette même énergie qui permit à certains ministres européens de passer de la position d'équilibristes à celle d'équilibreurs fut aussi de mise dans le chantier social. Car oui, à la fin, les fonds de pension sont des armes de destruction massive de l'emploi. On aimerait savoir à quelles frontières nous massons nos armées. Des armées dont nous sommes assurés déjà de voir le budget bientôt décuplé. Car si l'équilibre a un prix, c'est celui de la montée en puissance, ce que l'on appelle la hauteur de ses ambitions. L'Europe, qui n'avait que des divisions, aurait retrouvé son unité. Ce que je disais hier des gouvernements et des opinions publiques : Blair, Berlusconi et Aznar qui lâchent, ce n'est pas de la sagesse mais de la désertion. Du ventre pendant un moment, mais du ventre mou. Avez-vous déjà giflé un cadavre ?
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