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En usant du même syllogisme, Tony Blair peut, par exemple, rappeler les manifestants à l'ordre des droits de l'homme. La prochaine étape consistera probablement à faire passer les manifestants mondiaux du week-end pour des réactionnaires. Ceci est le premier point à m'avoir troublé, au soir de samedi. Le deuxième est cette espèce d'antienne consistant à dire que le pouvoir devient intenable dès lors que les gouvernements se trouvent en désaccord avec leurs opinions publiques. C'est le cas en Grande-Bretagne, en Italie, en Espagne aussi. Répétons vite que cela n'a aucun sens : à ce compte-là, jamais la peine de mort n'eût été abolie, par exemple, et cela fait partie de l'honneur politique d'assumer, précisément, cette divergence. On voit par là que le chas est ténu par lequel faire passer la parole du changement. Nous y sommes désormais tenus. Que faire, par exemple, des institutions qui, toutes, (l'Europe, ce soir ?) ont montré des signes de fatigue que l'on peut trouver inquiétants ou, au contraire, stimulants ? Détruire, maintenir, bouleverser ? Peut-être le moment est-il déjà venu de penser le moment présent comme une après-guerre.
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