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En ce jour du lundi 17 fevrier 2003. On s'est un peu
moqué, vendredi dernier, mais la cause était juste
et l'action préventive : nous entendons tellement n'importe
quoi que l'écrire fut une jubilation. Revenons alors à
ce qui pèse. Certains avaient vu du Pearl Harbour dans le
11 septembre 2001 ; beaucoup observent dans les manifestations mondiales
de ce week-end quelque chose des mânes de la guerre du Vietnam.
Il n'y a rien à faire, vivre l'instant présent comme
totalement nouveau et parfaitement inédit reste un exercice
incommode. Car, évidemment, il n'existe pas de points de
comparaison et la référence est trompeuse. Dans les
moments de la guerre du Vietnam, l'idée du mouvement était
première et le monde devait changer de bases — il l'a
fait un peu, beaucoup — quand les marcheurs mondiaux de samedi
entendent, eux, qu'il demeure stable et que personne ne touche à
son équilibre. Cela fait, tout de même, une sacrée
différence. Tout se passe, dès lors, comme si les
promoteurs du changement se trouvaient dans les cabinets de Londres
et Washington, quand le camp du conservatisme défile, lui,
dans la rue. Ce paradoxe invite à penser un peu parce qu'il
échappe à la culture politique de nos générations.
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