tout est révisable tout le temps parce que précisément
tout est pensable tout le temps. Par exemple, aujourd'hui, la question
est de savoir si 30 kilomètres de plus ou de moins, vont
faire basculer les avis des uns et les engagements des autres. Hé
bien, ces choses-là, les mensonges et les disqualifications,
c'est un autre monde : un héritage des procès de Moscou
et de l'invasion de la Tchécoslovaquie, un arsenal qui transforme
la politique en fait divers sanglant. C'est bien pourquoi il est
difficile, très difficile, de fixer uniquement sa pensée
sur la dualité américano-irakienne : cela n'engage
encore que des opinions quand ce n'est pas une vision géopolitique
ou stratégique qui est requise mais une prise en compte plus
ontologique des intérêts humains. Ce n'est pas d'aller
à la guerre comme en 14 ou de ne pas y aller comme à
Munich dont il est question : ce ne serait que de l'écume,
la toute fin d'une réponse dès lors qu'on aurait enfin
compris la question. Ne pas se résoudre au mensonge et à
la disqualification, c'est-à-dire à la simplification
ordonnée de la pensée, est un pari de chihuahua, un
petit chien qui va tout nu.
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