Variations autour d'un drapeau tchétchène
(j'allais écrire : "par les temps qui courent" parce que, en effet, il s'agit bien d'une course) : oui, alors un monde tripolaire ou plutôt trois mondes. Le nôtre, celui de l'Europe renaissante, donc, comprend désormais la Russie. C'est assez loin d'être une bonne nouvelle. Cette idée d'une indignation sélective parfaitement mondialisée perturbe de la même façon qu'il s'agisse de l'Arabie Séoudite ou de la Tchétchénie. Cela ne fait qu'augmenter ce trouble lui aussi mondialisé, un trouble que nous partageons ici : l'idée qu'il faudra tout de même faire quelque chose en Irak. Hier, les Américains s'étonnaient du peu d'attention que nous porterions, ici, aux droits de l'homme irakien. Aujourd'hui, Tony Blair, évoquant la dictature de Saddam Hussein, écrit dans le Monde, qu'"il serait bien étrange de voir les gens de gauche verser des larmes sur son départ". Le contre-pied est aisé dès lors que la Russie rejoint France et Allemagne. Voilà qu'il faudrait donc dire : ni Saddam, ni cette guerre, ni Poutine, ce qui rejoint le triptyque de Patrick. La pensée manichéenne du bien contre le mal ouvre sur une complexité inattendue. Jusqu'ici, c'est la seule victoire..
37