Si je pense à lui, c'est qu'il a dû être
surpris, ce week-end, par la façon dont ont pris fin ces
atermoiements. Puisque les États-Unis ont pris le risque
de faire exploser l'Europe et les Nations-Unies, trois vieux pays
disent cela qu'ils prennent, eux, l'option de faire imploser l'OTAN
et de maintenir l'ONU, coûte que coûte. On ne s'attendait
pas à cela, n'est-ce pas, de l'Europe de Charlemagne. Se
réveiller minoritaire est un rêve de quelque noblesse.
Ce veto à l'OTAN concerne la protection de la Turquie, pays
allié. Il y a quelques semaines, les Turcs n'avaient pas
de meilleur avocat, pour l'entrée dans l'Union européenne,
que le ministre belge des Affaires étrangères. Depuis,
il y a eu Rumsfeld, la signature des dix-huit, ces articles dans
la presse américaine (du genre "seul un imbécile,
ou peut-être un Français", du style "ces
primates capitulards et toujours en quête de fromages",
ça vous fait descendre d'un coup l'échelle du premier
amendement), les rapports plagiaires des services secrets et le
flacon d'anthrax de Colin Powell. On oublie trop, dans ces affaires,
ce qui fait susceptibilité. Car, si tout le monde est ego,
certains sont plus ego que d'autres. Ergo, veto.
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