p 31. En ce jour, l'éditorial.
p 33. Lautresuite
p 35.Appel Breton
En ce jour du lundi 10 fevrier 2003. C'est une fort vieille blague bruxelloise et ça se passe dans un bistrot. Deux types au zinc. L'un : "Tu as vu les Allemands, ils ont perdu la guerre et regarde un peu leur économie, dis". L'autre : "Et le Japon, ils ont pris une bombe atomique, et t'as vu comment ça tourne ?". L'un : "Ouais, les guerres, vaut mieux les perdre, hein". L'autre: "J'ai une idée : et si on déclarait la guerre aux États-Unis ?" L'autre : "C'est ça. Et si on gagne ?". Tout à l'heure, la Belgique brisera l'usage du silence à l'OTAN, la France également, l'Allemagne peut-être aussi : le consentement tacite aura vécu et avec lui une certaine idée du traité de l'Atlantique nord. Voilà quelques jours, avec un camarade polonais, il n'y avait pas assez de mots pour fustiger cette politique attentiste du gouvernement belge ; mon ami était partisan d'une intervention rapide en Irak ; il disait que, comme d'habitude, on atermoyait, qu'on ne voyait pas, qu'on n'avait pas les yeux en face des trous, bref qu'il fallait y aller et, d'ailleurs, le lendemain, les Polonais signaient cet appel à rejoindre. Nous avions ainsi entamé, avant l'heure, le débat sur la jeune et la vieille Europe.
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