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En ce jour du lundi 10 fevrier 2003. C'est une fort vieille
blague bruxelloise et ça se passe dans un bistrot. Deux types
au zinc. L'un : "Tu as vu les Allemands, ils ont perdu la guerre
et regarde un peu leur économie, dis". L'autre : "Et
le Japon, ils ont pris une bombe atomique, et t'as vu comment ça
tourne ?". L'un : "Ouais, les guerres, vaut mieux les
perdre, hein". L'autre: "J'ai une idée : et si
on déclarait la guerre aux États-Unis ?" L'autre
: "C'est ça. Et si on gagne ?". Tout à l'heure,
la Belgique brisera l'usage du silence à l'OTAN, la France
également, l'Allemagne peut-être aussi : le consentement
tacite aura vécu et avec lui une certaine idée du
traité de l'Atlantique nord. Voilà quelques jours,
avec un camarade polonais, il n'y avait pas assez de mots pour fustiger
cette politique attentiste du gouvernement belge ; mon ami était
partisan d'une intervention rapide en Irak ; il disait que, comme
d'habitude, on atermoyait, qu'on ne voyait pas, qu'on n'avait pas
les yeux en face des trous, bref qu'il fallait y aller et, d'ailleurs,
le lendemain, les Polonais signaient cet appel à rejoindre.
Nous avions ainsi entamé, avant l'heure, le débat
sur la jeune et la vieille Europe.
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