p 23. En ce jour, l'éditorial.
p 29. Lautresuite
En ce jour du vendredi 7 fevrier 2003. Vous savez quoi ? On va, de ce pas, reparler d'André Breton, du 42 rue Fontaine, de la vente à l'encan et de la dispersion. Il y a là quelque chose qui taraude, que l'on met en relation avec cet avant-guerre et qui tiendrait, on va le dire, à la beauté, à la nécessité absolue de sa préservation; c'est un champ retranché que la beauté, on n'y va qu'en rampant comme c'est à reculons que l'on s'avance vers le malheur, il nous faut de la beauté, nous en avons assez de la mort annoncée, nous voudrions cela : que l'appartement d'André Breton fut un ultime refuge, une forteresse, une île, oui, cela peut paraître déroutant mais l'appartement d'André Breton est, pour les jours qui viennent, un combat absolu. Tiens, ici, c'est Breton qui parle, nous sommes le 5 octobre 1946, il répond à Jean Duché, pour le Littéraire. Et nous sommes, oui, dans son appartement. Il décrit ces choses à vendre, prenez note : "Il y a là des masques esquimaux, indiens, des mers du Sud. J'ai ramené les poupées de chez les Indiens Hopis de l'Arizona. Voyez quelle justification ces objets apportent à la vision surréaliste, quel nouvel essor même ils peuvent lui prêter.
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