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En ce jour du vendredi 7 fevrier 2003. Vous savez quoi
? On va, de ce pas, reparler d'André Breton, du 42 rue Fontaine,
de la vente à l'encan et de la dispersion. Il y a là
quelque chose qui taraude, que l'on met en relation avec cet avant-guerre
et qui tiendrait, on va le dire, à la beauté, à
la nécessité absolue de sa préservation; c'est
un champ retranché que la beauté, on n'y va qu'en
rampant comme c'est à reculons que l'on s'avance vers le
malheur, il nous faut de la beauté, nous en avons assez de
la mort annoncée, nous voudrions cela : que l'appartement
d'André Breton fut un ultime refuge, une forteresse, une
île, oui, cela peut paraître déroutant mais l'appartement
d'André Breton est, pour les jours qui viennent, un combat
absolu. Tiens, ici, c'est Breton qui parle, nous sommes le 5 octobre
1946, il répond à Jean Duché, pour le Littéraire.
Et nous sommes, oui, dans son appartement. Il décrit ces
choses à vendre, prenez note : "Il y a là des
masques esquimaux, indiens, des mers du Sud. J'ai ramené
les poupées de chez les Indiens Hopis de l'Arizona. Voyez
quelle justification ces objets apportent à la vision surréaliste,
quel nouvel essor même ils peuvent lui prêter.
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