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En ce jour du mardi 4 fevrier 2003. "L'homme qui
tâte ses chaussettes durcies par la sueur de la veille et
qui les remet. Et sa chemise durcie par la sueur de la veille. Et
qui la remet. Et qui se dit le matin qu'il se débarbouillera
le soir. Et le soir qu'il se débarbouillera le matin. Parce
qu'il est trop fatigué...". On en parlait hier soir
en buvant un coup — pas de Desnos, on parle trop rarement
de Desnos en buvant un coup — mais de cela, de la fatigue.
Jacques disait que les gens s'épuisaient à attendre,
qu'ils n'étaient pas bien, pas heureux, toujours à
parler de ce qui ne vient pas. Et puis un gars est entré
qui a dit à tout le monde —comme ça, comme on
jette un dé ou une idée — sa honte de lire les
journaux et sa rage, aussi, de les avoir achetés avant. On
était dans le sujet : en pleines chaussettes durcies. Et
à bien regarder autour de nous, gens attablés ou gens
debout, nous avions le sentiment qu'en vérité nous
ne sommes entourés que de cela : de chaussettes durcies qui
attendent. Un jour, Claude Cheysson était ministre français
des Affaires étrangères et le général
Jaruzelski avait proclamé la loi martiale en Pologne et Claude
Cheysson avait dit "Bien entendu, nous ne ferons rien"
et aujourd'hui, c'est pareil mais à l'envers,
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