p 7. En ce jour, l'éditorial.
p 9. Lautresuite
En ce jour du mardi 4 fevrier 2003. "L'homme qui tâte ses chaussettes durcies par la sueur de la veille et qui les remet. Et sa chemise durcie par la sueur de la veille. Et qui la remet. Et qui se dit le matin qu'il se débarbouillera le soir. Et le soir qu'il se débarbouillera le matin. Parce qu'il est trop fatigué...". On en parlait hier soir en buvant un coup — pas de Desnos, on parle trop rarement de Desnos en buvant un coup — mais de cela, de la fatigue. Jacques disait que les gens s'épuisaient à attendre, qu'ils n'étaient pas bien, pas heureux, toujours à parler de ce qui ne vient pas. Et puis un gars est entré qui a dit à tout le monde —comme ça, comme on jette un dé ou une idée — sa honte de lire les journaux et sa rage, aussi, de les avoir achetés avant. On était dans le sujet : en pleines chaussettes durcies. Et à bien regarder autour de nous, gens attablés ou gens debout, nous avions le sentiment qu'en vérité nous ne sommes entourés que de cela : de chaussettes durcies qui attendent. Un jour, Claude Cheysson était ministre français des Affaires étrangères et le général Jaruzelski avait proclamé la loi martiale en Pologne et Claude Cheysson avait dit "Bien entendu, nous ne ferons rien" et aujourd'hui, c'est pareil mais à l'envers,
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