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En ce jour du vendredi 24 janvier 2003. Il y a la jeune
et la vieille Europe et, dans la vieille Europe, les gens d'en haut
et les gens d'en bas. C'est l'équarrissage pour tous : on
a commencé déjà à découper, chacun
de nous figure sur l'étal, choisissez votre couteau, il est
bien temps. Disons que je serais de la jeune Europe : je serais
Polonais, j'achèterais des F16 ; je serais Espagnol, je ferais
un gros déni sur la marée noire ; je serais Italien,
je réviserais les manuels d'histoire pour que le marxisme
soit définitivement effacé des mémoires. Oh,
je ne ferais pas que ça, mais ça au moins je le ferais.
Bon, maintenant disons que je serais de la vieille Europe, mais
de celle d'en haut. En tout premier, je supprimerais des emplois,
j'aurais une belle carte du continent et je serais le Napoléon
de la sidérurgie, je soufflerais le froid et j'oublierais
le chaud. Je ferais mes comptes : 7000 emplois ici, 3000 là-bas,
2000 encore plus loin. Je serais de la vieille Europe, j'en finirais
avec la classe ouvrière. Dans un deuxième temps, j'irais
dans les halls d'immeuble, je relèverais les identités,
j'embarquerais, je garderais à vue. J'ennuierais aussi les
pauvres. Je ferais lever les mendiants, je les empêcherais
de parler dans les rues, je mettrais des muselières à
leurs chiens.
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