de la SDN est aujourd'hui en position de sauver son héritage.
On n'arrive pas bien encore à imaginer ce qui se passerait
en cas de faillite de l'ONU. Mais le simple fait que nous la considérions
désormais pensable est peut-être déjà
le signe d'un renoncement. Que sommes-nous d'accord, exactement,
de brader ? Parlons de demain, à présent, parce que
les Néerlandais votent. On n'en cause guère ou tard
parce que les enjeux seront moins spectaculaires qu'il y a 9 mois
: la liste Fortuyn sera laminée et les partis classiques
retrouveront influences et positions. Pourtant, cette campagne aurait
dû nous intéresser. Son thème principal fut
l'immigration. Ce qui a été retenu de l'épisode
Fortuyn, c'est cela : les conditions d'obtention durcies pour les
permis de séjour, l'obligation de l'apprentissage de la langue,
la réduction du nombre de demandeurs d'asile. On ne dit plus,
cependant, "problème de l'immigration" mais bien
"question de l'intégration". Le sémantique
est décidément bien pratique lorsqu'il joue aux oxymorons
: une ouverture fermée, une tolérance intransigeante,
une solidarité avare, le langage permet cela. Les électeurs
aussi. Que sommes-nous d'accord, exactement, de brader ?
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