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En ce jour du vendredi 17 janvier 2003. Pour moi, c'était
un chauffeur de taxi. Je revenais de Sarajevo, les premières
élections s'y préparaient, c'était en août
1996, une éternité. C'est le chauffeur qui m'a dit
"On a retrouvé les petites", et ça allait
comme ça, j'avais compris. Il a laissé passer quelques
secondes, une éternité, avant d'ajouter qu'elles étaient
mortes. J'ai appris un nom aussi, celui de Marc Dutroux, et plusieurs
autres, des toponymes que j'ai oubliés. Partout, on retournait
la terre : un chalet, un garage, un jardin, c'était un été
de pelleteuses. On a très vite commencé à faire
le compte des impérities et des aboulies, un fait divers
devenait une affaire d'État, le peuple, oui le peuple, était
dans la rue. Il ne fallait pas s'en étonner : un État
qui avait passé son temps à infantiliser ses citoyens
ne pouvait être déstabilisé que par des enfants.
Cela a eu au moins deux conséquences : les partis chrétiens,
au pouvoir depuis des décennies, ont été balayés
aux élections d'après, payant leur cynisme gestionnaire
et leur condescendance chafouine ; une réforme des polices
a été engagée, elle continue à dépoter,
l'armée sert de renfort, on n'a pas tout compris.
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