Si une préservation telle quelle in situ s’avère impossible, ne pourrait-on pas envisager une reconstitution dans un autre lieu ?
L’autre question pratique, est, bien sûr, financière.
Puisqu’André Breton a agi toute sa vie contre les États et les nations, pourquoi, diraient certains, attendre de l’État français une action quelconque en sa faveur ?
C’est que la république française, dans le meilleur de sa tradition, se veut une nation-idée. En tant que telle, elle se situe au-delà de tout nationalisme culturel étriqué. Et, jusqu’ici, malgré toutes les pressions, elle n’a pas accepté la notion que les seules valeurs valables soient celles cotées en Bourse. Elle se doit de ne pas laisser le contenu de la maison d’André Breton se faire exhiber sur le marché public comme la culotte de Marilyn Monroe ou la canne de Fred Astaire.
Il n’est pas, je l’espère, trop tard pour que cette énorme inconvenance culturelle soit évitée.
Sinon, l’image symbolique de la France, en Europe et dans le monde, serait sérieusement entamée.
Il n’y aurait plus qu’à se résigner à voir des éléments de culture mondiale élaborés en France s’envoler en poussière et la terre de France se couvrir, insidieusement, de Disneylands en tous genres.
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