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En ce jour du lundi 13 janvier 2003. On a lu dans le
Monde que certains magistrats américains appelés à
se prononcer sur des peines capitales ornaient à l'audience
leur cravate de motifs allègres : un nœud coulant, une
faux, ce genre de choses. C'est une dame, épouse de juge,
qui s'occupait de les coudre avant de les offrir aux amis et collègues
de son mari. Où l'on voit donc que, non, tout n'est pas mécanisé
aux États-Unis, que l'habileté manuelle et l'artisanat
ont encore leurs chaisières, et on est rassuré pour
les petits métiers. C'est aussi une dame, épouse de
Gouverneur, qui s'en va en guerre ces jours-ci contre la décision
qu'a prise son mari de commuer les peines de 167 condamnés
à mort en prison à vie et d'en gracier quatre autres.
Où l'on apprend, deuxième enseignement, que la femme
wasp ne suit son époux que pour lui faire des croche-pieds,
ce qui reste tout de même contraire aux préceptes.
Donc, lorsque le gouverneur de l'Illinois, George Ryan, en fin de
mandat agité, prend appui sur le long et patient travail
de Peter Neufeld — le redresseur de torts, l'homme du Projet
Innocence, celui qui a permis la libération de 123 fantômes
des couloirs de la mort grâce à l'utilisation des tests
ADN, une sorte de Michael Moore des prétoires —, il
se met tout le monde à dos et sa femme.
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