Il paraît que c'est une chose qui fait le tour du monde,
que l'idée vient de Zurich et que la liaison de Bruxelles
à la vache coule de source : il y a encore quelques prés
dans les alentours. De plus, la statuaire bovine assurerait une
présence dont l'efficacité dans la lutte contre la
délinquance urbaine semble aussi une évidence : "ce
n'est plus un monument imposé, mais une solution possible
à la problématique du vandalisme" dit-on à
Bruxelles. On dira que ça nous changera des militaires, mais
tout de même, la subordination des choses de l'art à
l'utilitaire social devient, bon an mal an, un mode de gestion de
l'espace culturel. Ce que je disais hier de l'efficacité
se décline ici également, et totalement. Parce que
voilà, moi, j'ai 98 Afghans à sponsoriser d'urgence.
Ils traînent dans les rues de la ville, abandonnés
par un passeur qui a dévié de la route de Sangatte
et qui connaît mal nos avenues. On les loge ici, ils s'en
vont là. Ils sont 98 et insaisissables. Ils ne sont ni expulsables
ni emprisonnables. Ils posent des problèmes à tout
le monde. Ils veulent l'Angleterre et se refusent à l'asile
belge. Qu'on les peigne. Qu'on les expose. Ce serait une solution
possible à la problématique du nomadisme.
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