Solliciter, en l'espèce, la mise en spectacle de la mort
et de l'assassinat pour favoriser l'émotion, semble ainsi
l'image synonyme du massacre réel auquel se rendent les efficaces
dès lors que le gain narcissique leur paraît suffisant.
On laisse passer aujourd'hui de tels discours parce qu'ils appartiennent
au champ de la communication quand on les combattait hier parce
qu'ils faisaient peser sur nous la main froide de la toute-puissance
politique. La question de l'Homme, avec son grand H, contredit ainsi
sans équivoque les problèmes des hommes, avec toutes
leurs minuscules. Tout se passe aujourd'hui comme si les associations
reprenaient à leur compte la tension de ce fil-là,
puisque la politique n'incarne plus que la déshérence
et l'atermoiement. Ce fil-là a une histoire et une grammaire:
entre servir à quelque chose (à rien ?) et servir
quelque chose (tout ?), il y a bien plus qu'un oubli typographique.
Chez RSF, par exemple, c'est toute la différence entre les
images prises par Edouard Boubat et l'image de
Christine Ockrent réalisée par Saatchi.
Il n'y a pas photo.
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