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En ce jour du mercredi 8 janvier 2003. Vite, vite, le
tour du danger. Ce qui se disperse aujourd'hui, c'est cette idée
de l'intangibilité des libertés constitutionnelles.
On est presque gêné, ici, de raconter encore et encore
ce qui se détricote, mais on y est bien obligé. Le
numérotage des abattis devient, au coucher, une sorte de
devoir de l'honnête homme, quelque chose comme un examen de
conscience ou un genre d'introspection : que s'est-il encore passé
aujourd'hui qui participe à l'émiettement de ma liberté
et qui n'eût pu se produire hier sans que je me sente appelé
par le pavé de la rue ? Il aura fallu quoi — trois
jours ? — pour que l'armée, en Belgique, soit désormais
appelée à secourir la police dans des tâches
de surveillance et d'enquêtes. Elle pourra fournir du matériel,
patrouiller devant les ambassades, contrôler de grandes manifestations,
intervenir en cas d'attentats : elle sera, de fait, un auxiliaire
de police. En Belgique, ce n'est pas la sécurité qui
va mal, mais la police. De ce côté aussi, ça
détricote. Dernièrement, le gouvernement autorisait
le recours à des sociétés de gardiennage pour
effectuer des missions mineures; déjà il avait chargé
des chômeurs d'organiser la sécurité des quartiers,
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