André Breton, 42 rue Fontaine.

François Bon et www.remue.net
imaginent actions et réponses
à ces enchères trompeuses.

Nous aussi. Nous en reparlons bientôt.
On va donc vendre à la pièce ce chaos magnifique au prétexte que l'univers entier ne trouve pas de repreneur. Certains affirment que, de cette manière, ce qui était caché, secret et reclus, se trouvera accessible et qu'enfin — cet enfin en dit long — n'importe lequel d'entre nous pourra avoir affaire avec ce magnétisme qui se dérobait depuis bientôt 40 ans. Quant à moi, je reste incertain qu'il faille découper une toile en petits morceaux ou déchirer les pages d'un livre pour en faire profiter le plus grand nombre. Le plus grand nombre ! De sa vie, Breton n'a jamais vendu, sauf une seule fois, plus de mille exemplaires de ses livres. Dispersons donc puisque c'est de cette façon que nous envisageons le monde. Il disait cela, Breton, qu'il aimerait partir au cimetière en camion de déménagement : eh bien, il l'aura son camion, finalement. Le corbillard partira de la rue Fontaine pour la rue Drouot, salle des ventes. L'estimation des enchères se monte à 40 millions d'euros, et nous, nous en serons plus pauvres. Hier, on a voulu ici sauver la Bosnie et maintenant, on voudrait sauver l'appartement d'André Breton, mais c'est la même chose, c'est payer ses dettes à la liberté.
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