p 1. En ce jour, l'éditorial.
p 3. Lautresuite
En ce jour du lundi 6 janvier 2003. Avec quoi commençons-nous l'année ? De quoi sommes-nous munis, quelles sont nos munitions ? On vendra l'appartement d'André Breton aux enchères le premier avril 2003. L'idée est celle de la dispersion, mot qui renvoie inévitablement à la retraite et à la déroute. Ce mot va beaucoup nous servir, n'en doutons pas, dans les mois qui viennent. Prophétisons déjà que 2003, qui veut être absolument une année mâle, sera aussi celle de la débandade. Le deux-pièces du 42 rue Fontaine était resté quasiment intouché depuis la mort de Breton en 1966 : il fallait bien que 2003 — qui (il n'y a rien à faire) n'a jamais rien renversé — vienne à bout de ceci : de cette surprise que l'on a de découvrir que ce que l'on pensait disparu existât encore. Cela fait de chacun de nous des inventeurs. On trouve dans cet appartement des tableaux et des récits automatiques, des masques océaniens et de gaufriers, le tarot de Marseille réalisé à la Villa Air-Bel, des bénitiers et une grenouille, des choses empaillées, le dossier Nadja, enfin, tout ce qui fait qu'il ne s'agit pas de compilation mais d'architecture.
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