Aucun évangile ne mentionne la présence
d'un âne ou d'un buf, à la naissance de Jésus. Par
contre, un des évangiles apocryphes (c'est-à-dire non reconnus
par l'Eglise comme source authentique de la foi), l'évangile du pseudo-Matthieu
explique leur présence comme suit : " Or le troisième jour
après la naissance du seigneur, Marie sortit de la grotte et elle entra
dans une étable et elle déposa l'enfant dans la crèche
et le buf et l'âne l'adorèrent".
Quoi de plus logique que de retrouver un buf dans
une étable. Quant à l'âne, c'est un animal familier pour
les hébreux. Il est affirmé que l'on trouve l'âne cité
plus de cent trente fois dans le bible. Il est utilisé dans les travaux
des champs et pour le bât. C'est sur un âne que Marie fait le voyage
vers Bethléem. Ce n'est pas une monture ridicule. Elle annonce même
un règne de justice et de paix, selon la prédiction de Zacharie
: "Crie de joie, Jérusalem ! Voici que ton roi vient à toi
; il est juste et victorieux, humble et monté sur un âne"
(Livre de Zacharie, chapitre 9, verset 9).
L'entrée royale de Jésus à Jérusalem,
acclamé par la foule, sera décrite en faisant référence
aux annonces de Zacharie. L'âne attendait à la porte de Jérusalem
; le Maître est venu et le fit détacher en leur disant : "
Allez au village qui est en face de vous, et aussitôt, en y pénétrant,
vous trouverez, à l'attache, un ânon que personne au monde n'a
encore monté. Détachez-le et amenez-le. " (Evangile selon
saint Marc, chapitre 11, verset 2). L'affirmation de Matthieu confirme aussi
la prédiction du prophète Habacuc : " Tu te manifesteras
au milieu de deux animaux ". Plus précisément, les deux animaux
semblent illustrer le début du livre du prophète Isaïe :
" Cieux, écoutez ; terre, prête l'oreille, car le Seigneur
parle. J'ai élevé et fait grandir des fils mais ils se sont révoltés
contre moi. Le buf reconnaît son bouvier et l'âne la crèche
de son maître. Israël ne connaît ! rien, mon peuple ne comprend
rien. " (Livre d'Isaïe, chapitre 1, versets 2 et 3).
Dans ce sens, le buf reconnaît le maître
et l'âne ne voit que la mangeoire aux bestiaux car il ne connaît
rien d'autre ("Israël ne connaît rien"). Dans la tradition,
le buf est un animal pur, animal de sacrifice et l'âne, un animal
impur, bête et têtu. Mais les deux animaux se prosternent et adorent
le nouveau né, signe d'une communion devant l'incarnation de dieu. La
fête païenne du " soleil invaincu ", initiée par
l'empereur romain Aurélien pour unifier toutes les religions en une seule,
celle de la victoire du soleil sur la nuit la plus longue (25 décembre),
de la renaissance du Soleil invaincu, se transforme en la célébration
de la naissance de Jésus appelé " Lumière du Monde
" ou " Soleil de Justice ", véritable vainqueur du monde
des ténèbres. Chacun se retrouve en lui et le reconnaît.
Un peu comme une résolution de l'ONU que Palestiniens
et Israéliens respecteraient, un peu comme une Déclaration universelle
des droits de l'homme appliquée de chaque côté de la frontière.
Chacun s'y retrouve et la reconnaît. Au fait, y avaient-ils des barbelés
qui séparaient l'âne du buf ?