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En ce jour du lundi 23 décembre 2002. Cette année
n'est pas finie qu'on doive l'enterrer en vitesse : douze mois à
sentir de la bouche, et lui arracher les dents maintenant ne changera
rien à l'affaire. Terminons-la. Cette année est comme
l'homme d'Epictète : une petite âme qui porte un cadavre.
Crachons sur ce cadavre. Et, pour faire bonne mesure, lisons à
l'an 2002 l'épitaphe que réservait Malaquais, dès
1940, au 20ème siècle : "On jettera une pelletée
de terre sur sa charogne, on y passera la charrue. Il aura été
de bon fumier". Car rien, non rien, n'est venu rien conjurer.
Une année palindrome se lit dans les deux sens mais de janvier
à décembre et de décembre à janvier,
on n'a rien vu de l'homme. Car c'est quoi 2002 ? Le chocolat du
sapin sent le cacao de Côte d'Ivoire, votre crèche
se trouve barricadée à Bethléem, vos fruits
de mer ne sont pas galiciens. Vous sortez honteux d'une année
où tout passe à l'égout vers la fin : on a
tamisé, on a filtré, on a trié et voilà
les déchets, les vrais, ceux qui restent, qui ne sont pas
biodégradables et qu'on va tirer avec nous pendant des générations.
Et il y a ces adjectifs, joyeux (Noël) et bonne (année),
qui font presque rire grassement,
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