p73. En ce jour, l'éditorial.
p75. Lautresuite
En ce jour du lundi 23 décembre 2002. Cette année n'est pas finie qu'on doive l'enterrer en vitesse : douze mois à sentir de la bouche, et lui arracher les dents maintenant ne changera rien à l'affaire. Terminons-la. Cette année est comme l'homme d'Epictète : une petite âme qui porte un cadavre. Crachons sur ce cadavre. Et, pour faire bonne mesure, lisons à l'an 2002 l'épitaphe que réservait Malaquais, dès 1940, au 20ème siècle : "On jettera une pelletée de terre sur sa charogne, on y passera la charrue. Il aura été de bon fumier". Car rien, non rien, n'est venu rien conjurer. Une année palindrome se lit dans les deux sens mais de janvier à décembre et de décembre à janvier, on n'a rien vu de l'homme. Car c'est quoi 2002 ? Le chocolat du sapin sent le cacao de Côte d'Ivoire, votre crèche se trouve barricadée à Bethléem, vos fruits de mer ne sont pas galiciens. Vous sortez honteux d'une année où tout passe à l'égout vers la fin : on a tamisé, on a filtré, on a trié et voilà les déchets, les vrais, ceux qui restent, qui ne sont pas biodégradables et qu'on va tirer avec nous pendant des générations. Et il y a ces adjectifs, joyeux (Noël) et bonne (année), qui font presque rire grassement,
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