p64. En ce jour, l'éditorial.
p66. Lautresuite
p68. Le calendrier de l'avent
En ce jour du jeudi 19 décembre 2002. Parce que ce matin, la vitre de la voiture était gelée et que demain on nous annonce des routes verglacées, voilà que je pense à Morvan Lebesque. Lebesque fut chroniqueur au Canard Enchaîné. Il ne fut pas que cela, il était aussi militant breton, il détestait tout ce qui était colonialiste et centralisateur. Il fut le contraire d'un Jacobin. Il n'eut pas, durant la guerre, une conduite exemplaire. Il a aujourd'hui un hôpital et des lycées qui portent son nom. Bon, mais Morvan Lebesque passa — un peu comme Orwell le fit volontairement entre Londres et Paris à la même époque — un hiver dans la rue. C'était en 1932-1933. On y pense parce que lors de cet hiver 2002-2003, la porte d'un magasin, en bas, fut fracturée. On prit tout ce qu'il y avait dans le frigo, on mangea sur place puis on dormit avant que la police n'arrive. Il y avait de l'argent dans les tiroirs, des machines et des ordinateurs. On ne prit rien, on avait simplement faim et froid. C'est aujourd'hui cela, ou plutôt c'était hier. Quand vint l'hiver de l'Abbé Pierre, Morvan Lebesque travaillait au Canard. Il se souvint de sa vie de chômeur sans abri, il se souvint qu'on l'appelait clochard parce que "c'était plus pittoresque".
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