Joao Goulart
Nous gardons ici plutôt le souvenir d'écrivains ou de philosophes, de gens de la chose écrite, qui intègrent des gouvernements : Malraux hier, Ferry aujourd'hui. Il faut être Brésilien pour penser à un musicien. On dirait qu'aujourd'hui rien ne se passe sans le Brésil : Lula, Porto Alegre, Gilberto Gil, maintenant. Les militants de "l'altermondialisation" y puisent beaucoup, y pensent énormément. Et, tant qu'on en est à solliciter l'histoire, repensons à Pierre Barouh, le passeur des musiques brésiliennes en France, à cette époque même où le tropicalisme battait pavillon haut. Barouh est aujourd'hui quelqu'un de parfaitement oublié des programmations musicales. Saravah — le label qu'il créa avec les royalties de la musique de "Un Homme et une Femme" et qui est aujourd'hui l'un des plus anciens d'Europe —, c'était pourtant déjà la mondialisation contre la globalisation. À l'écart des multinationales, il fut et reste pourtant totalement cosmopolite: son catalogue est un carnet de voyages, français comme africain, brésilien comme japonais. Aussi bien, profitons de Gilberto pour saluer Pierre. Et comme Raffarin n'en voudra pas, proposons lui tout de go le poste de ministre de la culture sur lautresite.
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