Nous gardons ici plutôt le souvenir d'écrivains
ou de philosophes, de gens de la chose écrite, qui intègrent
des gouvernements : Malraux hier, Ferry aujourd'hui. Il faut être
Brésilien pour penser à un musicien. On dirait qu'aujourd'hui
rien ne se passe sans le Brésil : Lula, Porto Alegre, Gilberto
Gil, maintenant. Les militants de "l'altermondialisation"
y puisent beaucoup, y pensent énormément. Et, tant
qu'on en est à solliciter l'histoire, repensons à
Pierre Barouh, le passeur des musiques brésiliennes en France,
à cette époque même où le tropicalisme
battait pavillon haut. Barouh est aujourd'hui quelqu'un de parfaitement
oublié des programmations musicales. Saravah — le label
qu'il créa avec les royalties de la musique de "Un Homme
et une Femme" et qui est aujourd'hui l'un des plus anciens
d'Europe —, c'était pourtant déjà la
mondialisation contre la globalisation. À l'écart
des multinationales, il fut et reste pourtant totalement cosmopolite:
son catalogue est un carnet de voyages, français comme africain,
brésilien comme japonais. Aussi bien, profitons de Gilberto
pour saluer Pierre. Et comme Raffarin n'en voudra pas, proposons
lui tout de go le poste de ministre de la culture sur lautresite.
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