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En ce jour du mercredi 18 décembre 2002. Vous
dire donc que Gilberto Gil a accepté de devenir le ministre
de la Culture du futur gouvernement brésilien. C'est une
des choses, on ne sait pas pourquoi, qui vous réchauffe le
cœur lorsque vous arrivez au bureau et que la fenêtre
est restée ouverte toute la nuit. Gilberto Gil c'est, avec
quelques autres, le mouvement tropicaliste : un sur-métissage
musical qui fut aussi une des mamelles politiques de la mondialisation.
C'était donc entre 1967 et 1968, et le tout était
d'entrechoquer les Beatles, les "événements de
Mai", la dictature militaire, l'urbanisation, les campus américains,
la bossa, et en avant ! Avec Gil, il y avait surtout Veloso et Buarque.
Dans les faits, le mouvement fut court, une année bien comptée.
Symboliquement, on ne travaille aujourd'hui que sur son héritage.
On ne pouvait mieux dire la transition entre Joao Goulart, président
renversé en 1964, et Luís Inácio da Silva dit
Lula, président tout neuf de 2002, de gauche tous les deux
à quarante années de distance. Que le fil qui relie
ces deux périodes soit musical en dit long sur la capacité
d'un pays "émergeant" à décliner
et travailler sa mémoire.
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