Il y avait là quelque chose de révolutionnaire,
au sens propre du terme. À l'époque, la commune n'était
pas un acteur de la scène internationale. Cette idée,
que nous avions eue, de travailler par le bas parce que le haut
était empêché, parce que le haut était
lointain, parce que le haut était contraint, c'était,
oui, un vrai moment d'histoire. L'introduction dans un grand jeu
diplomatique, d'un acteur absolument inattendu, se proposant comme
tiers, agissant dans les failles des stratégies souverainistes,
avait fait basculer les certitudes du régime totalement centralisé
qu'était la Roumanie de cette époque (faisons silence
sur le présent, pour cette question). Le local, donc, était
l'exact contraire d'un retour sur soi. Et voilà donc qu'aujourd'hui,
proximité rime avec sécurité. Pas cette belle
sécurité démocratique à laquelle nous
avons le droit d'aspirer, non, à une sécurité
de petits blancs, à une sécurité de volets
clos, à une sécurité de rideaux soulevés.
La liberté d'une idée s'évapore plus vite qu'un
alcool que l'on bout. C'est peut-être bien à cela que
nous pensions hier en entrechoquant nos verres, avec les voisins.
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