Il est donc injuste de dire, comme le font les clandestins de
Calais, que les policiers traitent les réfugiés comme
des chiens. Comme cela se passait la veille du vote, au Sénat
belge, de la loi sur les discriminations, il n'y a rien d'autre
à ajouter. Cette loi, qui vient renforcer un arsenal déjà
important, met à égalité toutes sortes de disparités
liées aux accès : à l'emploi, aux logements,
aux loisirs, aux bâtiments, même. La nouveauté,
avec cette loi, c'est que le discriminé — même
s'il conserve ses figures classiques : l'étranger, l'homosexuel
ou le handicapé — peut désormais se cacher en
chacun d'entre nous. Le discriminé, c'est comme la victime,
on ne s'aperçoit qu'on l'est que lorsqu'on le devient. Sinon,
jusque là, tout va bien. On se promène en rue, on
fait ses achats, on va au resto, et on ne voit pas que la foule
est indistinctement composée de discriminateurs et de discriminés,
de harceleurs et de harcelés, de bourreaux et de victimes.
Cette loi vient nous rappeler cela, qu'on n'est jamais tout à
fait sûr du côté où l'on tombe. Beaufort
a eu bien de la chance. Il aurait pu être chien policier.
Il termine chien de policier. Chantons Noël.
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