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En ce jour du vendredi 13 décembre 2002. Des belles
histoires sur les demandeurs d'asile, on vous en a déjà
racontées. En voici une autre. Cela se passe avant-hier,
sur l'aire autoroutière de Jabbeke, haut lieu belge de norias
entre camions stoppés, bâches soulevées et cadenas
forcés. Depuis plusieurs années, le parking de Jabbeke
— l'autoroute, à partir de là, va vers la mer
— est une sorte de criée du refuge, on ne publie pas
les chiffres globaux des clandestins qui y ont été
interpellés, ils doivent être impressionnants. Avant-hier
donc, la police fédérale est en opération à
Jabbeke. L'hélicoptère qui fait sa ronde dans le ciel
est muni d'une caméra infrarouge. Il détecte quelque
chose, caché dans un fossé. On s'approche : c'est
un chiot Labrador frigorifié, on le prend dans ses bras,
on l'adopte, on le baptise. Il s'appellera Beaufort, du nom de code
de l'opération de surveillance policière. Beaufort,
le petit Labrador, c'est le titre de cette jolie histoire. À
part ça ? À part ça, douze illégaux
albanais ont aussi été retrouvés dans les fossés
de Jabbeke. On ne doute pas qu'ils ont eu froid. Pauvres Albanais
aux prénoms inconnus. Dans sa situation, Beaufort aussi avait
le choix entre la mort et le refuge, il a reçu l'accueil.
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