Quel chantier, quelle aventure, quelle histoire, que le retour
des autres. Alors, on va dire oui à la Turquie dans l'Europe
et, tout aussitôt, on va nuancer. On va dire aussi ceci, que
la Turquie est l'homme malade de l'Europe, pas très bien
avec les droits de l'homme, n'est-ce pas. La Turquie a aussi du
mal avec ses autres, elle ne s'accommode pas plus que nous de son
orient. C'est la seule objection qui vaille, à l'aune de
ce qui est dit plus haut. Elle est forte, elle est fondamentale.
Mais ce n'est pas d'elle dont Giscard parle lorsqu'il salue les
mânes d'Isabelle la Catholique, il est d'avant les lumières,
il préfère sa mère à Voltaire, il pointe
le religieux quand nous disons démocratie. Aujourd'hui à
Copenhague, nous parlerons entre chrétiens. Les malentendus,
les pressions, les concessions ne seront jamais que des querelles
de clochers. Alors, disons le tout net, nous avons besoin de l'autre.
Nous sommes de plus en plus nombreux à nous ressembler de
plus en plus. Agréons le dissemblant. Et nous verrons bien
alors si nous sommes aussi solides que nous le croyons avec l'homme
et ses droits. Les seules frontières européennes sont
celles des lumières. Là devraient régner les
douaniers du sens.
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