La double qualification du mot qualifie de fait une double situation.
Parce que oui, il est con, vraiment, d'avoir à passer son
chômage dans ces banlieues-là. Parce que oui, définitivement,
un con est aussi un con et l'on voudrait bien encore pouvoir désigner
une chose par un mot. Nous sommes donc en pleine connerie. Un jour,
un président de la télévision française
publique, Claude Contamine, eut à remettre un prix au dessinateur
Chaval dont l'album fêté s'intitulait "Les oiseaux
sont des cons". Surpris par la rudesse du trait, le président
hésita longuement à la tribune et se décida
d'attribuer le trophée à "Les oiseaux sont des…oiseaux".
Sur quoi, Chaval monta sur scène et remercia Monsieur Oiseautamine.
Tout ce qu'il y avait à dire sur les censeurs a été
dit à ce moment. Mais on n'en a pas fini : hier la Licra
(Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme)
a demandé à Nicolas Sarkozy le retrait du livre pour
ados "Rêver la Palestine", écrit par une
jeune fille de 15 ans, au motif qu'il inciterait à la haine
raciale. On n'a pas lu le livre, mais tous ces gens qui réclament
la guillotine pour des mots, on est d'accord avec Brassens, le petit
mot de trois lettres est trop joli pour eux.
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