p38. En ce jour, l'éditorial.
p40. Lautresuite
p42. Le calendrier de l'avant
En ce jour du mercredi 11 décembre 2002. Édimbourg a brûlé — son centre historique — mais parlons de Glasgow, si vous voulez bien, et restons en Écosse. Le dernier film de Ken Loach se déroule là, à Glasgow, et l'on devine assez vite que la ville n'est pas là pour faire de la figuration. Parce que, évidemment Glasgow brûle aussi, mais c'est socialement, dans ces terres où les gens de Sangatte rêvent d'accoster. Or donc, dans ces banlieues brûlantes, Loach traite d'un tabou, celui de l'inceste. Le film a été interdit aux moins de dix-huit ans en Grande-Bretagne. Mais l'incestueux, pour la circonstance, n'est pas là où l'on croit. C'est que les gamins du film prononcent à plusieurs reprises le mot "con" qui se dit en anglais "cunt" et qui signifie très exactement la même chose qu'en français, c'est-à-dire qu'il bénéficie d'une réjouissante double acception, le plus souvent impensée, d'ailleurs, lorsqu'on le prononce. Nous sommes plus habitués, chez les Anglo-saxons, à entendre "fuck", dont l'évidence explicite finit aussi par s'estomper derrière l'ennuyeux répétitif. Mais bon, cette rencontre du mot "con", du thème de l'inceste et d'un milieu social "défavorisé", voilà sans doute qui est trop direct.
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