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En ce jour du mercredi 11 décembre 2002. Édimbourg
a brûlé — son centre historique — mais
parlons de Glasgow, si vous voulez bien, et restons en Écosse.
Le dernier film de Ken Loach se déroule là, à
Glasgow, et l'on devine assez vite que la ville n'est pas là
pour faire de la figuration. Parce que, évidemment Glasgow
brûle aussi, mais c'est socialement, dans ces terres où
les gens de Sangatte rêvent d'accoster. Or donc, dans ces
banlieues brûlantes, Loach traite d'un tabou, celui de l'inceste.
Le film a été interdit aux moins de dix-huit ans en
Grande-Bretagne. Mais l'incestueux, pour la circonstance, n'est
pas là où l'on croit. C'est que les gamins du film
prononcent à plusieurs reprises le mot "con" qui
se dit en anglais "cunt" et qui signifie très exactement
la même chose qu'en français, c'est-à-dire qu'il
bénéficie d'une réjouissante double acception,
le plus souvent impensée, d'ailleurs, lorsqu'on le prononce.
Nous sommes plus habitués, chez les Anglo-saxons, à
entendre "fuck", dont l'évidence explicite finit
aussi par s'estomper derrière l'ennuyeux répétitif.
Mais bon, cette rencontre du mot "con", du thème
de l'inceste et d'un milieu social "défavorisé",
voilà sans doute qui est trop direct.
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