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En ce jour du mardi 3 décembre 2002. Avec le sentiment
que les enterrements sont ce que la Belgique réussit le mieux.
Vendredi dernier, les radios ont sériné cela toute
la journée que l'atmosphère était sereine.
Nous parlons de la cérémonie d'hommage au jeune professeur
de religion musulmane, Mohammed Achrak, tué par son voisin
fou ou raciste, on ne sait plus. Les funérailles de jeunes
gens et de jeunes filles morts de morts violentes en Belgique, ces
dernières années, ont installé comme un nouveau
rituel. La plupart d'entre elles - pas celle-ci - ont été
retransmises par les télévisions. On y attend de la
colère ou du malheur, on y trouve à chaque fois une
mise en scène de la dignité et de la tolérance,
comme s'il fallait que cet exercice ultime de l'intimité
ouvre, de fait, sur un espace public et que cela soit, de quelque
façon, "travaillé" - je dirais même
ouvré, ce vieux mot d'artisan, quelque chose qui ressortisse
à une uvre, à un grand uvre. "Nous
sommes tous un seul peuple. Noirs et Blancs, Marocains et Belges,
musulmans ou non. Tenez-vous la main, étreignez-vous, pardonnez",
a dit le frère de la victime vendredi dernier, ajoutant pour
les autorités présentes: "Je vous en prie, pardonnez
aux jeunes".
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