En ce jour du lundi 2 décembre 2002. Voilà comment l'on est : on regarde Dumas entrer au Panthéon et l'on pense à Blandine Kriegel, récent auteur du rapport sur la violence à la télévision. Et voici pourquoi. Alors qu'une Marianne phrygienne, chevauchant une monture blanche, s'avançait, sur l'esplanade, vers le cercueil de l'écrivain, un commentateur fit entendre cette phrase: "C'est le cheval que Christian Clavier montait lors de la bataille d'Austerlitz". On ne pouvait mieux dire ce qui se déroulait sous nos yeux : une reconstitution, une reconstruction, un recollage, rien qui soit dans la vie, et rien non plus, pour la circonstance, qui soit dans la mort. Christian Clavier joua récemment le rôle de Napoléon dans une série télévisée, il figura sur un cheval, effectivement, dans un paysage qui jouait le rôle Austerlitz. Aussi pensa-t-on à cette phrase du rapport Kriegel - aujourd'hui déjà aux oubliettes, tant mieux : "Il faut souligner que la particularité propre de l'image est d'abolir la distance qui sépare le spectateur du spectacle". Qu'aurait-elle dit, Blandine, de cette aggravation, par les mots, de la distance qui sépare le spectateur du spectacle?
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