La centrale nucléaire de Doel.
Soit chacun s'en remet à l'État de droit, petits blancs et grands blacks comme musulmans. Car la réponse ethnique à un acte raciste laisse dans le deuil ceux qui estiment en être la cible première, quand c'est l'état de l'homme tout entier qui est visé. Il se fait, qu'en plus, cette banlieue d'Anvers est aussi celle où agit la Ligue arabe européenne dont nous avons parlé ici, déjà. Il se fait aussi qu'avant-hier, interrogés par le RTBF, des ministres de l'Enseignement convenaient naturellement que la violence scolaire se produisait surtout au moment du ramadan. Où allons-nous ainsi si, de positions ultimes en tentations extrêmes, nous entérinons comme vérités révélées la disqualification et la stigmatisation de l'autre (que l'autre s'appelle étranger ou État de droit ne change rien à l'affaire) ? Ce matin, des gens de la Protection civile en grève ont actionné les sirènes d'alarme nucléaire à Huy et à Doel. On imagine la réaction de la population à son lever. Cette manière de faire correspond assez bien aux réactions émeutières : on se sert sur le moment de la totalité du pouvoir que l'on estime posséder. L'exercice autoritaire d'une autorité déléguée, je l'ai, quant à moi, toujours appelé fascisme.
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