En ce jour du mercredi 27 novembre 2002. La réponse ethnique à un acte de racisme ne laisse jamais d'interroger. Nous le vivons aujourd'hui en Belgique, dans la banlieue d'Anvers, on l'a vécu hier ailleurs. Un jeune homme de 27 ans, professeur de religion musulmane, a été abattu hier par un voisin de son père auquel il rendait visite. L'assassin semblait connu, dans le quartier, pour son comportement raciste. Voilà qui nous rappelle Schaerbeek quelques mois plus tôt, un autre tueur raciste voulant venger l'échec de Le Pen aux présidentielles françaises. La police anversoise a arrêté immédiatement le meurtrier. Comme à Schaerbeek, la famille a appelé au calme et, comme à Schaerbeek, des incidents violents ont éclaté dans les rues avoisinantes, un peu à l'écart. S'il est regrettable que l'indignation et la colère se manifestent de façon brutale, il est tout autant désolant que ces réactions se placent sur un terrain de type ethnique. Car, trop souvent, les réflexes et les réactions sont communautarisés, comme l'on dit en Amérique. Par rapport au crime le plus abject qui soit, aucune division, aucune distinction ne devrait pourtant avoir droit de cité. De deux choses l'une. Soit tout le monde brise des vitrines, petits blancs et grands blacks comme musulmans.
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