Tout était devenu semblable, tout se ressemblait, tout était ressemblant. La démocratie et son contraire, c'était égal puisque à tout prendre elles étaient l'une et l'autre issues des urnes. Aussi, lorsque les sondages nous apprennent que le FPÖ pourrait bien ne pas franchir la barre des 10% le 24 novembre prochain, nous n'arrivons même pas à nous recomposer un masque souriant. Même pour cela, l'effort est trop grand. Serait-ce peut-être que nous ne sommes pas dupes des héritages. Nous savons que cette disparition n'est qu'un estompement. Sur la sécurité et l'asile, par exemple, la marche arrière d'un prochain gouvernement sera malaisée. C'est toujours cette foutue histoire de la mauvaise réponse et de la bonne question. En Autriche comme ailleurs, il va être compliqué, tout de même, de quitter les oripeaux du populisme : cet héritage est aussi malheureusement un testament. Il reste toujours quelque chose dans le verre qu'on a vidé. C'est cela, le résidus, qu'il va nous falloir observer. Mais à qui confier aujourd'hui cette vigilance, dès lors que même une bonne nouvelle ne nous réjouit plus ?
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