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"Du sexe et des embrouilles le dimanche soir".
L'image, c'est certain, est délinquante. D'où cette proposition de postposer à 22h30, les images susceptibles non plus de choquer mais de molester. J'avais déjà ici évoqué l'idée de ce monde préservatif dans lequel nous entrons progressivement. L'État, ici, entend sans doute moins rétablir la censure que de socialiser le cocooning. Il le fait pour notre bien et notre santé. Il nous dit qu'en fumant ou en regardant un film pornographique ou violent, par exemple, nous commettons envers notre corps, de petites incivilités dont il est question de nous préserver. C'est une mission qu'il fait désormais sienne.
En lisant le rapport Kriegel, c'est à cela que je pense : à l'intérêt que porte l'État à mon corps. Et je ne doute pas que lui qui sait si bien ce qui me fait du mal, connaît aussi les moyens de me faire du bien. Je vais donc attendre, dans mon salon, ces images que l'État me proposera pour augmenter mon bien-être et faire baisser ma tension. Et j'espère que pour me protéger désormais des images violentes de la guerre de Tchétchénie, par exemple, l'État va tout faire pour que personne ne soit plus jamais obligé de les filmer.
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