p68. En ce jour, l'éditorial.
p70. Chronique de Véronique
En ce jour du vendredi 15 novembre 2002. Il n'y a rien à faire, on devrait vivre dans un monde sans images. L'image nous est physiquement dangereuse. Hier, le rapport de la philosophe Blandine Kriegel sur la violence et la pornographie à la télévision le disait à suffisance. Par exemple : " Lorsqu'une personne est exposée à la violence télévisuelle, les effets physiologiques immédiats sont de même nature que si cette personne était exposée à une situation de violence réelle, à savoir une augmentation du rythme cardiaque et de la pression sanguine". Ou encore : "La représentation visuelle brutale ou répétée de scènes pornographiques à un stade trop précoce peut créer une émotion capable d'influer sur le cours normal de l'évolution du cerveau (…)". Et pour finir : "Aux USA, (…) on a pu constater des lésions sur les coudes des enfants qui regardaient la télévision allongés par terre". Cœur, cerveau, bras mêmes : on a le sentiment, devant ce rapport établi par une philosophe, de lire le bilan d'un médecin légiste. Nous pensions avoir avec l'image un voisinage intellectuel, ce n'est plus vrai, notre commerce avec elle n'est pas émotionnel, il est charnel dit la philosophe. L'image, c'est sûr, est lésionnelle.
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