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En ce jour du mardi 12 novembre 2002. Lorsqu'on lit l'heure
avec l'oreille, la radio en grève est toujours un étonnement.
Ce n'est pas vraiment une journée comme une autre, la journée
où la radio est en grève : les normes s'estompent
et les repères se brouillent, on ne sait jamais trop où
l'on en est dans son heure h et sa minute m, cela bouleverse nos
agendas et déprime nos ponctualités. C'est un jour
sans, un trou dans le temps : c'est du désordre. Nous pourrions
jouir de ce chaos et de ce dérèglement de l'ouïe
: nous n'aimons rien tant que les ruptures et les dissonances, nous
sommes comme cela, nous n'y pouvons rien, quand l'ordre social se
rompt, il y a dans nos têtes un petit air de fête. Et
pourtant non et voilà pourquoi. Pour le troisième
week-end consécutif, la RTBF était donc en grève.
Les productions de certains centres régionaux - cette décentralisation
aujourd'hui remise en cause étant précisément
l'objet de l'arrêt de travail - étaient, ces 9 et 10
novembre, remplacées par un programme de musique continue.
Cette bande, nous commençons de la connaître par cur
: c'est la même, toujours la même, samedi comme dimanche,
et c'est encore sa pareille que nous entendions l'autre semaine
et ce sera l'identique encore que nous
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