Vue de Gibraltar, Pierre Célestin Bouchard
Aussi l'idée naît-elle de créer des Gibraltar partout. Nous Belges, par exemple, prendrions quelques kilomètres carré autour du lac Balaton en Hongrie (ce serait justice, les habitant de nos deux régions ont eu dans l'histoire des rencontres esthétiques, les Rubanés ont semé leurs poteries dans le Bakony et en Wallonie) et céderions volontiers le territoire des Fourons ou le circuit de Francorchamps aux Suisses qui connaissent plusieurs langues et adorent nos pilotes. Partout nous serions "off-shore", tout le temps nous aurions un paradis. L'Union européenne pourrait créer des zones d'objectif zéro, faciles à gérer et assurées d'une prospérité faisant rougir un pacte de stabilité. Les gestionnaires de ces zones franches se reconnaîtraient à leur patronyme local et à leur prénom importé, signe de double allégeance politique et géographique (le Chief Minister de Gibraltar s'appelle bien Peter Caruana). Et ils refuseraient bien sûr de négocier leur souveraineté avec qui que ce soit. Ainsi avancerions-nous réellement vers une Europe des particularismes et vers l'universalisation des privilèges. Ce serait un monde parfait. Demain, nous vous parlerons de l'île Persil et de l'enclave de Kaliningrad.
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