© Marc Pataut.
Il applique de manière collective une décision de justice qui doit rester individuelle. Or l'expulsion collective ne s'appelle plus expulsion, mais déportation.
Il inscrit la très grave et très violente peine du banissement non seulement dans la sémantique des loisirs mais dans celle des congés payés c'est-à-dire dans celle d'un droit acquis de haute lutte.
Enfin, dans notre démocratie, si le jugement est public, la peine ne l'est pas. Il y a longtemps que les condamnés ne sont plus ni exposés, ni exécutés en place publique. Dans le cas du charter, c'est bien à l'exécution que le gouvernement donne une publicité inacoutumée, non pour la rendre plus efficace mais pour frapper l'opinion.
Le gouvernement brouille ainsi les champs sémantiques et abaisse un mot qui appartient à la famille des chartes, ces contrats politiques qui, jusqu'ici, n'étaient synonymes que de liberté.

Michel Gheude
Expert media, enseigne à l'Ecole de Recherche Graphique de Bruxelles.
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