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En ce jour du lundi 4 novembre 2002.. C'est idiot un
bouquet de chrysanthèmes. Le chrysanthème se vend
en pot, il est plus durable que la fleur coupée. On l'offre
aux morts. C'est un peu de terre sur la tombe, un renversement de
situation. Tout à côté de la tombe, l'autre
jour, jouait l'Internationale. Nous avons le refrain, n'est-ce pas,
"Debout les damnés de la terre", qui sonnait d'étrange
façon, télescopant Lazare et le Christ - lève
toi et marche- et puis ceci, la terre, la damnation éternelle,
une imagerie d'ancien catéchisme, les nuages qui s'entre-déchirent,
les pierres tombales qui se brisent, le mort vainqueur, la mort
morte et puis encore Pierre Degeyter, le drapeau rouge, la révolution
d'octobre, Lénine, Jean Jaurès, tout cela, Zurich
et la brasserie du Cygne, les émeutes à Marchienne
devant le château des Crayencour -la garde chargea, il y eut
des morts, debout les damnés de la terre - et Marguerite
un jour s'appela Yourcenar, et nous tournons ainsi en entendant
l'Internationale au pied d'une tombe, devant la fosse, dans notre
terre d'usines et de mines : on enterrait là un vieil homme
de gauche.
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