Proscrite au bureau, à peine abordée au café qui a été longtemps son lieu privilégié, elle n'émerge plus dans l'espace public que sous forme de plaisanteries. Le sexe au contraire se raconte dans tous les magazines tendance et sur tous les plateaux de télévision. Le livre de Catherine Millet, La vie sexuelle de Catherine M. témoigne parfaitement de ce nouvel ordre des choses de la vie. Mais aussi L'Inceste de Christine Angot, Pornocratie de Catherine Breillat ou les aventures thailandaises de Michel Houellebecq. Pour échapper à l'intimité, une part de la littérature accompagne cette émergence du sexe dans l'espace public.
Mais loin du bruit que font ces livres à scandale, la littérature vit désormais dans le silence et le recueillement des moments arrachés à la vie commune. Elle est plus que jamais de chevet et le lecteur, pudique, n'affiche plus ses lectures. Sauf peut-être dans ces moments de grande émotion, où comme le Prince Philippe quelques minutes après la naissance de sa fille, nous laissons entrevoir les merveilles de notre jardin secret.









Michel Gheude est l'auteur, notamment, de "Un chien mérite une mort de chien", Actes Sud 1983, "Voir c'est faire", "La publicité dit la vérité" et "Dans le silence de la cité assemblée" aux Editions Quorum 1997-1998, et de "Il y a folklore et folklore " (avec Richard Kalisz), Vie ouvrière 1977. Il est professeur à l'École de Recherches Graphiques à Bruxelles.

Ces textes ont paru dans "Il y eut en soir, il y eut un matin, ce fut l'an 01", éditions De la démocratie, Bruxelles, janvier 2002.
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