Et du conflit israélo-arabe. Mais pas de la condition des femmes. A la pause café, un aumônier pour étudiants étrangers raconte avoir récemment rencontré, dans une église, un musulman avec ses deux enfants : les gamins font ramadan avec leur père et préparent leur profession de foi dans la paroisse de leur mère. Sur une table, une autre revue, liégeoise celle-là, Reliures. Chez ses animateurs, même projet de rencontre : " Relier des agnostiques, des athées et des croyants de tous horizons, parce que nul ne possède l'homme et la clé de son avenir ". Les dossiers sont consacrés au multiculturel ou à la citoyenneté. Dans les pages livres, on rencontre Jésus à côté du Dalaï-Lama, la théologie féministe et l'islam moderne, l'orient intérieur et le nouvel ordre écologique. Au détour, un texte émanant du groupe Avicenne. Créé il y a quelques années, il réunit des hommes de convictions différentes qui participaient au projet de Jacques Delors Une âme pour l'Europe.
Le président de la Commission voulait permettre aux différentes religions de faire entendre leur voix dans la construction européenne mais aussi ne pas limiter cette construction à celle d'un marché et d'une technocratie. Il pensait qu'il était vital pour l'Europe de " faire sens ". Les Avicenne échangent depuis leurs convictions sur des questions aussi essentielles que l'éthique des affaires, le chômage, la condition féminine ou le rôle et la place de l'Europe dans le monde. Leur sujet de réflexion actuel ? " La question de l'Etat européen " à partir d'une réflexion du philosophe Jean Marc Ferry. Un colloque en mai 2001. Et des suites avant le sommet de Laeken. Ainsi à Orval, à Wépion, à Liège, à Bruxelles, la vieille société belge des piliers se défait peu à peu. Des Vie Féminine et des Femmes prévoyantes soutiennent ensemble les femmes afghanes. Un curé de quartier accueille des sans papiers musulmans. Tôt ou tard, on se parle de ce dont il semblait jusque là exclu de se parler, on s'étonne, on découvre ses " noyaux de feu " .
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