Au cœur des ténèbres, notre scène primitive

Sous les yeux du public, une équipe de taxidermistes joliment appelée Zéphyr termine de soigner le grand éléphant malade du Musée de Tervueren. Offert au musée en 1958, il était le symbole de la fierté coloniale dont Tervueren était le temple grandiose voulu par Léopold II. Une promenade reliait le Parc et le Palais royal au Parc et au Palais de Tervueren, magnifiée par les arches triomphales du Cinquantenaire qui proclamaient la majesté des deux couronnes du roi. En juin 1960, le grand éléphant commença de vieillir.
Au cœur même du Temple, ses gardiens s'interrogent : " Quelles ont été les fonctions du musée par le passé, et quel rôle social peut-il se déterminer pour le présent et pour l'avenir ? " Il n'y a pas que la peau du vieil éléphant qu'il faut faire revivre. Mais sans doute cette part de l'âme que le passé colonial a asservie. L'exposition Exit Congo que présente en ce moment le musée participe de cette méditation.

140