De s'y préparer. D'oublier " Les lamentations " et " Les chants du crépuscule ". Il faut lire de toute urgence le premier manuel pour vivre heureux jusqu'à 117 ans. Attention ! Pas pour rester jeune ! Rêve sans espoir hélas encouragé par les publicités des cosmétiques, des eaux minérales et des élixirs de jouvence. Il nous faut rompre avec cette illusion. Vieillir sans vieillir ce sera tintin ! En tout cas à partir de 77 ans. Ne soyons pas optimistes : " On n'ose plus se regarder en vis-à-vis. On déborde au flasque et déboudine à la barbaque, on décongèle au mou, on jute et rejette, tout en nous prend la poudre d'escampette ! Les joints lâchent. La robinetterie cafouille. Les muqueuses suintent et les trous régurgitent. Tout en nous fuit ! Sauf le gras qui impassiblement reste là ! " Mais faut-il pour autant se lamenter, gémir, pleurer sur son sort ? C'est la question. Et la réponse Verheggen, c'est profitons, profitons de la vie. Nous sommes gros ? La belle affaire ! " Vivent les abats ! Miam miam bonbon bougnat " Sinon grignotons des carottes de Nantes, des mâches de Hollande, des artichauts de Jérusalem, des oignons blancs de Madère et des navets de Jersey. "
" Pleines pâtées de légumes frais en provenance directe du jardin " ou cultivés " dans les jardins ouvriers qui longent la voie ferrée de la SNCB " ignorés des " grosses légumes qui travaillent à la C.E.E. " Si vous passez par Bruxelles, mangez des moules : " A Bruxelles, une vraie moule est toujours bien en chair : grosse, grasse, bien blanche et flamande ". Mais n'oubliez pas qu' " Il faut qu'elle soit vivante et s'ouvre très vite, et toute grande, à feu vif, sinon elle peut foutre à moule toute une casserolée de moules justes bonnes à mettre au bac ! "
Et mourir, une cerise sur le gâteau !
La vieillesse, Verheggen nous invite à la vivre bonne vivante. Goûteuse autant que possible et obscène de préférence car " toute considération faite, on peut être titillé par la petite bête passé l'âge de la retraite ". Ne reculant devant aucun jeu de mots, aucune blague de cour de récréation ; se vautrant dans le sensuel wallon ou brusseleer de notre enfance, roucoulant les mots oubliés ou inventés; faisant rimer vété et V.T.T. ou brouette avec mopette et chaussette ; ne respectant ni Karl Marx Sûtra l'explorateur, ni Emile Gorgonzola et Harcèle Proust,
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