conseiller, la Belgique pour avoir retiré précipitamment ses troupes et avoir vivement préconisé le retrait total de la force des Nations unies, les États-Unis pour avoir préféré faire des économies plutôt que de sauver des vies humaines et pour avoir ralenti l'envoi d'une force de secours ,et enfin la France pour avoir continué à soutenir un gouvernement engagé dans le génocide (7). "
L'histoire du génocide des Tutsi démontre en quoi ce crime appartient à la modernité et n'est en rien naturel ou culturel. Lors de son audition devant le sénat français Jean-Pierre Chrétien a cité Alfred Grosser écrivant dès 1989 : " trouverions-nous judicieux qu'un Africain estime une hécatombe en Europe comme le produit normal d'une civilisation qui a produit Auschwitz ? " La tragédie qui s'est déroulée n'est donc pas sortie des profondeurs d'un atavisme, pas plus qu'elle n'a surgi dans un ciel serein.

Joël Kotek

(1) Jean Hatzfeld, Dans le nu de la vie, Récits des marais rwandais, Seuil, Paris.
(2) Yolande Mukagasana, La mort ne veut pas de moi, Document Fixot, Paris, 1997.
(3) Cf. Howard Adelman, "Genocidists and Saviour in Rwanda", Other Voices, v.2, n.1, February 2000 (journal électronique publié par l'université de Pennsylvanie).
(4) Lire absolument le rapport de l'OUA, Rwanda,lel génocide évitable, 1998. Il est en ligne sur la toile.
(5) Mission d'Assistance des Nations Unies au Rwanda, force de maintien de la paix établie sous les termes des Accords d'Arusha.
(6) Scott R. Feil, Preventing Genocide: How the Early Use of Force Might Have Succeeded in Rwanda, Carnegie Commission on Preventing Deadly Conflict, Washington, DC, 1998, page 39.
(7) Alison Des Forges, op. cit., page

Cet article a paru dans le n° 267 de la revue "Histoire", juillet 2002.

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