On est tout occupés à compter, dans le monde, ce qui est contre nous et ce qui est avec nous. Depuis le 11 septembre, les mains de Vladimir Poutine sont libres, déjà avant elles l'étaient, mais aujourd'hui c'est mieux encore : la Tchétchénie est le joli jardin de la Russie, le petit Yalta colonial fonctionne, les chancelleries tournent le regard et les militants se retrouvent à huit à manifester au centre de Bruxelles, j'ai vécu ça, je sais de quoi je parle. Et dans un théâtre, maintenant, 700 personnes surprises en plein loisir (le civil est la nourriture première de nos guerres, on aime le tuer au travail, en boîte de nuit, en voyage culturel, au spectacle). Mais le civil, lorsque l'on s'appelle Poutine, on va aussi le "buter jusque dans les chiottes". On sait tout des tortures, des viols, des enlèvements dont se rend coupable l'armée russe. Mais on n'en dit rien. Alors vient la stratégie du pire. Et on ne croit pas un mot de cette paix que réclame Baraïev à Moscou. On est juste obligés de regarder. On sait bien que nous sommes hors-jeu. Mais c'est pas mal, parce qu'on a autre chose à discuter. La question est de savoir si les meurtres du sniper de Washington, converti à l'islam, sont à mettre au compte du terrorisme islamiste.
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