" Chez le président Habyarimana et ses proches, deux éléments ont été prépondérants : le FPR et l'opposition domestique interne. Leur souci essentiel était d'éviter l'union des deux. Un amalgame fut volontairement créé entre le FPR, les Hutu rebelles et les Tutsi qui reçurent, tous les trois, le label d'" ennemis (1)" .
C'est dès le début du conflit avec le Front Patriotique Rwandais (FPR), mouvement armé formé par des descendants des exilés Tutsi de 1959 que Habyarimana, usé par 20 années de pouvoir personnel, décida de régler une fois pour toutes le conflit opposant les Hutu et les Tutsi au Rwanda. L'idée était de détourner l'opinion publique de ses aspirations démocratiques et des questions socio-économiques au profit des questions ethniques. Il ne s'agissait plus qu'à jouer sur la mémoire de la domination autrefois exercée par la minorité tutsi, puis de l'héritage qui avait renversé ce régime en 1959 et avait contraint de nombreux tutsi à l'Exil (2).

Un génocide ne s'improvise pas.
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