Rwanda 1994 : un génocide
planifié de longue date (2).

Joël Kotek
Comme l'avance Colette Braeckman, la spécialiste belge de l'Afrique des Grands Lacs, l'attentat contre l'avion présidentiel s'il fut l'élément déclencheur des tueries, ne fut en rien la cause du génocide. Celui-ci avait été programmé au plus haut niveau et de longue date. L'appareil qui a supervisé le génocide de 1994 était en place depuis 1992. Il impliquait une petite élite moderne et très organisée. L'akazu (petite maison), qui en est le groupe-clé, était constituée de membres de l'entourage immédiat d'Habyarimana : sa femme (Agathe), ses trois beaux-frères ainsi que quelques hommes de confiance; de deux à trois cents cadres communaux et préfectoraux (préfets, sous-préfets, conseillers communaux, etc.), la garde présidentielle et des milices (Interahamwe) complétaient ce premier cercle.
Le génocide fut la conséquence du choix délibéré d'un régime aux abois d'inciter à la haine et à la crainte pour se maintenir au pouvoir. Non sans pertinence, Alison Des Forges lie le processus de démocratisation entamé après 1990 aux préparatifs génocidaires :
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