L'adhésion aux valeurs fera foi. On ne peut, on ne doit, rien dire à ce sujet. Le projet républicain, dès lors qu'il ne se veut pas exceptionnel, est une belle affaire. Il n'ira pas cependant jusqu'au vote des étrangers "non communautaires". La naturalisation - dont je disais deux mots l'autre jour - l'emporte ici encore sur la multi-affiliation. Ce regard tout entier tourné vers demain va faire craindre également que des générations de clandestins, baby-boomers d'une prospérité refusée, soient irrémédiablement perdues. Déjà là, mais trop tôt. Un peu comme les enfants des deuxième et troisième générations d'une immigration légale dont il n'est pas sûr que les filets républicains les aient jamais entourés d'attention. Cette ouverture à une immigration d'adhésion propose une France dichotomique, peut-être même schizophrène. En quelque sorte, il y aurait Sarkozy pour ceux qui sont déjà là et Fillon pour ceux qui arriveront. Sans doute est-ce cela aussi que le Premier ministre juge "équilibré". Nous hésiterons décidément toujours, avec ce gouvernement, entre la punition et la confession.
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